Wonder Woman T1 – Liens de sang

24 juin 2012 at 08:23

AntoineBigor

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Urban Comics publie enfin en France, et à seulement quelques mois de la sortie US, les séries de la Renaissance DC, avec notamment la réécriture du personnage de Wonder Woman ! C’est le scénariste Brian Azzarello, qui a visiblement de bonnes raisons de vouloir écrire ce personnage, qui orchestre cette nouvelle version du personnage, que l’on nous vend plus barbare, plus noir et plus mythologique. A-t-il réussi à rendre intéressant un personnage qui pédalais dans la semoule depuis des années ?

Scénario de Brian Azzarello. Dessins de Cliff Chiang & Tony Akins. Édité par DC Comics, publié en français par Urban Comics. 15,00€, sortie le 1er Juin 2012.
Guerrière farouche et princesse des Amazones, Diana a quitté son île pour rejoindre le Monde des Hommes en tant que Wonder Woman ! Mais en sauvant une jeune femme de griffes de monstres mythologiques, elle ne s’attendait pas à lever le voile du mystère de ses origines. Suite à sa découverte, Diana va devoir affronter la colère d’Héra et les machinations des autres dieux de l’Olympe. (contient Wonder Woman #1-6)

L’arrivée de Brian Azzarello à l’écriture d’un personnage comme Wonder Woman était l’une des plus surprenantes annonces à propos des New 52. Une surprise qui a laissé la place à l’attente et l’espoir que le scénariste redonne un peu d’intérêt à un personnage qui garde une image assez naze et qui n’a pas fait trop de vagues depuis des années. Pourtant, le style d’écriture de l’auteur de 100 Bullets ne semblait pas coller des masses à celui de la série, le polar se mêlant assez mal avec le péplum. Mais c’était mal connaitre le bougre, qui si il fait du polar depuis des années, n’en a gardé ici que la noirceur des personnages et des relations pour le mélanger habilement dans un univers fantaisiste et mythologique. Pour ce facilité la tache, Azzarello fait table de rase du passé afin de réécrire en profondeur l’univers et les origines de Wonder Woman.

En faisait cela, le scénariste réécrit et réintroduit une Wonder Woman plus ambiguë, moins lisse que l’image qu’elle dégageait, dans un monde où les Dieux du panthéon grec sont des égos sur pattes, qui n’en ont rien à foutre des hommes et qui se tirent la bourre entre eux. Le tout forme une galerie de personnages passionnant, aux blessures émotionnelles assez lourdes, permettant de brouiller la limite entre bien et mal, normalement claire dans pas mal d’œuvre de super-héros. L’auteur va traiter de thèmes très intéressants, sur le rapport à la divinité, le pouvoir, les relations parents/enfants, créant par cela une dramaturgie très théâtrale. Une ambiance assez sombre très soignée, mais assez loin du polar, ce qui est surprenant pour Azzarello. Ce dernier s’inspire allègrement de la mythologie grecque pour donner de la solidité à sa dramaturgie, et jouer avec les connaissances de ces Dieux pour surprendre. Si le bonhomme nous introduit à un univers des plus solides, son talent s’exprime bien plus par une narration des plus fluide.

L’idée que va prendre Azzarello, qui n’est pas bien originale mais qui a le mérite d’être diablement efficace, c’est de donner un repère humain, dans cet univers divin, au lecteur. Celui ci sera le personnage de Zola, victime de la cupidité des Dieux et plongé dans un jeu de pouvoir qui n’est pas le sien, et où Wonder Woman va la protéger. Un repère qui permet l’identification totale, et par conséquent, la découverte par ses propres yeux de cet univers. Le tout est très bien rythmé, grâce à une magnifique écriture de Brian Azzarello qui signe des dialogues souvent malins, avec beaucoup de second degrés et surtout un joli jeu de transition entre planches et cases, fluidifiant la lecture. Mais le travail d’Azzarello n’est pas exempts de défauts, le plus gros étant de céder à la facilité par moments, amenant des situations sans vraiment de raison et de manière assez peu naturelle pour arriver à ses fins, ou utilisant des personnages comme fonction sans jamais les caractérisés correctement. Mais on lui pardonnera bien cela tant son boulot sur l’univers du personnage est excellent, d’autant plus transcendé par la découverte de cet ouvrage: Cliff Chang.

Un univers réinterprété graphiquement par un Cliff Chang au coup de crayon magnifique. L’artiste possède un trait des plus appuyés, jouant sur les formes et rondeurs. Le tout est découpé de manière assez dynamique, utilisant à la fois de grandes cases afin de mettre en avant des moments héroïques ou impressionnants ainsi qu’une alternance de petites cases, découpant son action pour la décomposer et la rendre plus lisible. Un sens du découpage génial, couplé à un style des plus efficace donnant une identité forte à l’univers, avec des charadesigns ravageurs créant un univers, mêlant réalité et mythologie grecque, des plus cohérents. Le tout est sublimé par des couleurs magnifiques de Matthew Wilson, jouant sur les tons sombres et coloré pour rendre encore plus crédible ce mélange d’univers.
Seulement, l’artiste ne signe que les 4 premier chapitres, et son remplaçant est beaucoup moins bon. Ses planches sont moins bien agencé, le style est un peu trop cartoonesque, le jeu sur les perspective est pas terrible et certains looks de personnages passent assez mal (Poseidon). L’artiste en fait trop, fait des erreur au niveau du dessin, et souligne quelques défauts du scénario, comme un déroulement de l’intrigue un peu bizarre, où l’on a l’impression que, soit le dessinateur soit le scénariste, à oublié deux trois petit passages permettant à clarifier le récit. Malgré une volonté de ne pas casser la pâte graphique imposé par Chang collant assez bien au titre, Tony Akins n’est pas au niveau, et on espère voir plus de planches de Chang à l’avenir.

Le pari de ce renouveau de Wonder Woman est réussi; Brian Azzarello et Cliff Chang ont changé, complexifié, intensifié et, tout simplement, magnifié l’univers de la belle amazone, en lui donnant de l’épaisseur et de l’intérêt grâce à une très jolie écriture et de magnifique dessins. Le tout n’est clairement pas exempts de défauts, mais c’est une lecture plus que recommandable, à tous ceux qui connaissent de près ou de loin la merveilleuse femme.

Wonder Bigor

2 Commentaires

  1. Chocoman 26 juin 2012 Répondre

    Bonjour, et bravo pour ton site. Je comprends pas trop ce que tu dis ici :

    Mais le travail d’Azzarello n’est pas exempts de défauts, le plus gros étant de céder à la facilité par moments, amenant des situations sans vraiment de raison et de manière assez peu naturelle pour arriver à ses fins, ou utilisant des personnages comme fonction sans jamais les caractérisés correctement.

    Est-ce que tu peux me citer les personnages mal caractérisées ou les situations peu naturelle ?

  2. bigorneau 26 juin 2012 Répondre

    Bonjour, et merci beaucoup. Ça fait toujours plaisir :)

    Pour les personnages, je trouve que Hermès ou Lennox sont totalement fonction et apparaissent dans le récit (notamment ce dernier) de manière un peu brut.
    Quand aux situations peu naturelle, j'avoue que le terme est bizarre pour une histoire de Dieux ^^ Je parle surtout dans la fluidité du récit et la capacité qu'à un scénariste de le structurer de telle manière que tout semble découler logiquement. Pour le coup, ce sont notamment l'arrivé de Wonder Woman dans le récit justifié par un simple médaillon en deux deux, le passage dans le bar londonien que je trouve too much ou encore le déroulement du plan à la fin (mais dans ce cas là, le story telling de Akins aide vraiment pas).

    Ce ne sont pas de gros défauts, mais quelques trucs gênant et qui laissent penser que Azzarello s'est pas foulé sur quelques éléments du récit, pourtant très bon ;)

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