Justice League T1 – Aux Origines

15 juin 2012 at 09:40

AntoineBigor

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Urban Comics publie enfin en France, et à seulement quelques mois de la sortie US, les séries de la Renaissance DC, avec notamment la série blockbuster de ce renouveau: Justice League ! Équipe réunissant les plus grandes icônes de l’univers DC, la Justice League a droit à de nouvelles origines concoctés par les dirigeant même de la Disntingué Concurence, à savoir le scénariste Geoff Johns (qui a redonné ses lettres de noblesses à Green Lantern) et le légendaire dessinateur Jim Lee. Est-ce que cette rencontre au sommet entre ses deux artistes sur l’une des séries les plus phares de l’éditeur est à la hauteur des attentes ?

Scénario de Geoff Johns. Dessins de Jim Lee. Édité par DC Comics, publié en français par Urban Comics. 15,00€, sortie le 1er Juin 2012.
Il y a cinq ans, nul ne connaissait l’existence des surhommes, et encore moins celle des super-héros… Avec l’apparition de Superman, Batman, Green Lantern et Wonder Woman, les autorités, effrayées par la puissance de ces individus, les déclarèrent hors-la-loi. Cependant, lorsque Darkseid projeta de conquérir la Terre, les Humains durent se placer sous la protection de leur héros. Voici le récit de la première union des plus grands justiciers qui allait bientôt devenir la célèbre Ligue de Justice. (contient Justice League #1-6)

Pourtant censée être la série porte étendard de la licence DC Comics, en réunissant ses plus grandes icônes, la Justice League (anciennement «of America») n’a pas passionné depuis des années. Enchainant les scénaristes peu inspirés, souvent dépendant des évènements se déroulant dans les séries individuels des personnages les plus importants (Batman R.I.P., New Krypton…) et les dessinateurs de secondes zones jamais à leur plus haut niveau, le titre ne se vendait pas et passionnait guère. Il est donc normal, qu’à l’occasion de la Renaissance de l’univers, les pontes de la Distingué Concurrence, Geoff Johns et Jim Lee, mettent les mains dans le cambouis. Deux superstars de l’industrie des comics pour, enfin, donner l’ampleur que la série mérite, en livrant simplement l’une des meilleurs histoires de la Justice League de ses dernières années.
Justice League – Aux Origines raconte donc la première collaboration entre les plus grands héros de DC Comics. Geoff Johns va ici avoir la lourde tache de donner le ton, et de réintroduire tout ce joli beau monde en collants. Et force est de constater que le bonhomme le fait avec brio, et cela surtout grâce à son talent de dialoguiste. L’auteur écrit des dialogues savoureux, riches de sens et cernant avec brio chaque personnage: Green Lantern est un casse-cou un brin vantard, Batman un justicier qui n’aime pas trop le travail d’équipe, Wonder Woman une amazone un peu paumé et en décalage avec le monde qui l’entour… Bref, Johns nous représente toute cette galerie de protagonistes d’une bien belle manière, en jouant sur cette lutte entre égos qui vont devoir s’unir contre une seule et même menace. Des écrits jouant également sur l’aspect comique, Johns plaçant ci et là quelques bonnes vannes dans la bouches de personnages, jouant sur un certain décalage entre toutes ses personnalités. Une équipe pas très uniforme qui a du mal à se coordonner, un sentiment constant jusqu’à la fin, mais dont pourtant l’on entre-aperçoit une certaine dynamique de groupe ce créer. 
Si, dit comme ça, l’écriture peut faire penser au film de Joss Whedon, Avengers; Que Nenni car Geoff Johns, bien aidé par Jim Lee, font preuve d’un talent tout autre quand il s’agit d’icôniser ses personnages, n’oubliant jamais leur aspect héroïque et, surtout, en les respectant. Si les héros se vannent entre eux, jamais un personnage n’est tourné en ridicule et si les batailles d’égo font parfois rage, les personnages n’en reste pas moins des héros.

Une belle réintroduction de tout un univers, modernisé pour l’occasion avec de nouveaux costumes et l’univers du bad-guy quelque peu revisité afin d’ouvrir la lecture au plus grand nombre. Mais Geoff Johns glisse quelques clins d’œil aux anciens lecteurs, à travers quelques noms évoqués par plusieurs personnages, sans jamais parasiter l’intrigue. Une intrigue intelligente dans l’utilisation de ses personnages principaux donc, avec un certain équilibre entre eux, malgré un petit tirage de couverture de la part de personnages comme Green Lantern ou Batman, que le scénariste maitrise mieux. Mais l’élément novateur de ce renouveau de la Justice League est l’utilisation inédite par Geoff Johns du personnage Cyborg, héros de seconde zone dont l’auteur révèle un tout nouveau potentiel, liant intimement ses origines à la menace centrale, faisant de son rôle dans l’intrigue l’un des plus primordiale. Un personnage assez touchant, et qui se révèle une très bonne tête d’affiche.
Des personnages très bien écrits dans une intrigue dynamique et extrêmement bien rythmé, grâce à un dosage des plus réussis entre action dantesques et dialogues. On peut  pourtant très vite taxer ses Origines de classiques ou faciles, dans son déroulement, certains éléments paraissant même assez clichés, d’autant que les motivations du «grand méchant», si elle font l’objet d’un épilogue assez intriguant, semblent un peu absentes. Mais le rythme et la fluidité du récit font passer tout ça comme une lettre à la poste, crédibilisant des situations qui pourraient sonner artificielles. Johns s’en donne à cœur joie à mettre en scène ses super-héros dans des combats grandioses, dans un premier temps entre héros eux-même, ne se connaissant pas et se voyant tous comme des ennemis, puis face à une menace commune surpuissance.

Les scènes d’actions et situation dantesques de Johns sont transcendées par le dessinateur superstar Jim Lee. Comme pour Greg Capullo sur Le Cour des Hiboux, j’arrive après la bataille car c’est l’une des premières fois que je lis une oeuvre du coréen. Adulé pour ses travaux chez Wildstorm ainsi que sur Batman (All Star, Hush), l’artiste livre ici un magnifique travail, qui donne enfin du grandiose à cette équipe. Lee signe des planches très dynamique, bourrés d’action, hyper fun et souvent jouissives. Avec un chara-design tout en muscle et en posture, il joue avec ses justiciers masqués, en offrant des planches iconiques des plus impressionnantes. L’artiste compose des double pages d’une beauté et d’un équilibre époustouflants.
Jim Lee montre tout son talent dans la représentation de ses icônes, avec une refonte graphique (dont notamment de très jolis costumes) mais n’en oublie pas le propre de la BD. L’artiste fait preuve d’une narration très rapide, utilisant beaucoup de grandes cases tout en trouvant quelques bonnes idées graphiques, mais quelques planches se révèlent un petit peu en dessous, autant au niveau du style un peu bâclé et du story-telling assez linéaire. Mais, globalement, Jim Lee nous offre un travail de très grande qualité, l’artiste devenu cadre chez DC montrant qu’il a toujours le crayon affiné et qu’il est capable de livrer des planches magnifiques pour les plus grands super-héros de DC.

La promesse derrière une BD comme Justice League est enfin tenue ! C’est une excellente série d’action super-héroïque que nous offre Geoff Johns et Jim Lee, mettant en scène les icônes de DC Comics de la plus belle des manières. Porte étendard de la Renaissance DC, cette nouvelle version, modernisé, est des plus fun et relance l’intérêt de personnages maintenant vieux de quelques décennies. Une lecture de qualité à mettre entre toutes les mains.

Bigor League

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