Au pays de la dystopie #6: Fight Club
Attention : pour écrire cet article, je vais devoir aller à l’encontre de règles très importantes, et mets donc ma vie en jeu pour vous informer, comme l’implique mon devoir de journaliste. Car la première règle du Fight Club, c’est qu’on ne parle pas du Fight Club.

J’ai découvert l’univers du Fight Club (le livre comme le film), il y a seulement quelques semaines (honte à moi), par l’intermédiaire d’un de mes camarades journalistes (dont vous retrouverez l’avis un peu plus loin, s’il accepte de prendre le risque de parler du Fight Club). Il s’agit ici d’une dystrophie un peu spéciale, puisque contrairement à celles dont je vous parle habituellement, il s’agit d’une histoire qui s’adresse à un public majeur et averti : âmes sensibles, s’abstenir.
L’histoire est (presque) simple : lassé de sa vie trop planplan à son goût, l’insomniaque narrateur de Fight Club cherche à mettre du piment dans sa vie, et à prendre conscience de son bonheur en s’incrustant dans des groupes de discussions pour personnes souffrant de pathologies mortelles. Un voyeurisme qui le satisfait quelques semaines avant que Marla Singer ne viennent gâcher son bonheur en jouant les parasites (exactement comme lui, mais passons). Alors qu’il cherche une nouvelle échappatoire à son quotidien, il rencontre le charismatique Tyler Durden, avec qui il fonde le Fight Club. Le principe ? Se mettre sur la gueule et se défoncer mutuellement jusqu’à ce que chacun soit suffisamment abîmé ou défoulé pour bien dormir et se sentir bien dans sa peau. Un scénario original, puisque la société liberticide est non pas subit mais souhaitée par les protagonistes.
Commençons par parler un peu du casting. Aux manettes de cette petite pépite cinématographique, le plus que brillant David Fincher, qui prouve une fois de plus son talent pour les films qui accrochent le spectateur et l’entraîne dans les plus profonds secrets du monde. Dans les rôles principaux, on retrouve un Brad Pitt des grands jours (une époque qui semble désormais révolue). Sexy, fougueux, captivant… Bref le Brad Pitt dont nous étions toutes amoureuses à l’époque, avant qu’il ne se transforme en… ce qui est actuellement. Et son acolyte et alter ego n’est autre que le talentueux Edward Norton : que demander de mieux ? Les deux acteurs forment un duo impressionnant de complicité pour un film pas forcément facile à jouer. Les prouesses des acteurs sont simplement phénoménales (enthousiaste, moi ?). Et enfin, pour la petite touche féminine, on retrouve l’une des femmes de ma vie, la sublime et époustouflante Helena -please marry me- Bonham Carter.

Parti comme ça, on pourrait croire que ce film m’a totalement retournée (ce qui est le cas, soyons honnêtes), mais ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Je n’aime pas Brad Pitt. Je n’aime pas les films de baston. Je trouve ça chiant… D’habitude. Grâce aux prouesses de Fincher à la réal et grâce à un scénario plein de retournements de situation, on ne s’ennuie pas une minute. Du sexe, des bagarres, des trucs qui brûlent et qui explosent, il n’en fallait pas plus pour me plaire (sauf peut être un ou deux zombies, des lasers et quelques ninjas). Un film à voir, donc, si vous n’êtes pas trop sensibles à la violence gratuite et encouragée. Et il livre à lire.
L’avis de Raphaël : Le livre Fight Club m’a beaucoup plus car c’est une excellente critique sociétale, même s’il s’agit d’un roman de science fiction à la base. L’écrivain (Chuck Palahniuk) est excellent, très critique, très satyrique. Il y a beaucoup de délires dans l’écriture et les personnages sont bien décris et bien rendus. Le principe même du Fight Club est très original et les éléments de l’histoire sont bien amenés. Sans parler du dénouement final, qui est tout bonnement étonnant. Quant au film, c’est simple : David Fincher est un excellent réalisateur qui a réussi à retranscrire l’état d’esprit du livre à la perfection, notamment grâce à un super casting.

Voilà, c’est tout pour cette fois. La prochaine fois, je vous parlerais d’une autre découverte faite par le biais d’un camarade : le livre Marche ou Crève, du maître parmi les maîtres : Stephen King.
Fight Loun



